Trois Zélés Remplaçants

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jeudi 2 juillet 2009

Chronique d'un autre départ

J'y ai repensé ce matin au moment de quitter La Villaufond. Il y a dix mois pratiquement jour pour jour je prenais ma voiture pour un départ vers un petit collège perdu dans la montagne. Pour un départ vers l'inconnu. Le récit de ce tout premier voyage qui serait suivi par tant d'autres avait pour titre "Chronique d'un voyage". Mon tout premier article sur ce blog :-)

Du coup ce soir j'ai vraiment l'impression de boucler la boucle avec le récit de ce long départ de la montagne étalé sur trois jours, mon dernier article de la saison 1 de ce blog avant sa mise en sommeil.

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lundi 29 juin 2009

Mais c'est pas vrai!

14h45: y a ENCORE des 6e qui ont trouvé le moyen de débarquer ce matin au collège!

On leur avait pourtant fortement suggéré de rester chez eux mais rien à faire.

Écoutez les enfants c'est très bien d'être sérieux et d'aimer l'école mais maintenant ça suffit, faut rester chez vous, faut nous laisser tranquilles, on ferme.

Comment?

Oui on va faire un jeu. Oui j'ai ramené les bonbons...

Edit à 17h10:

1. Je me suis fait pourrir aux échecs par Marouschka (11 ans, 1m10 pas plus). Et je n'ai même pas fait exprès de perdre! :-(

2. Après avoir crié d'effroi devant la bd "La bête du Gévaudan" les trois 6e présente se sont gentiment esclaffé en lisant "Le guide du zizi sexuel" dont il a déjà été question. Ça m'a rappelé d'émouvants souvenirs.

3. Je me suis rarement autant ennuyé. Deux heures à tourner en rond dans les couloirs vides du collège pendant que les trois boudchous, parachutés à la garderie par leurs parents, s'occupaient comme ils pouvaient au CDI.

4. Allez distribution de bonbons pour les courageuses qui sont venues aujourd'hui. Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis!! Merci Monsieuuuuuuuuuuuuuuuuuuur!!

5. Monsieur on fera quoi jeudi?... Jeudi? Y a plus rien jeudi, moi je serai au collège de Pistouillac-les-Venelles pour corriger le brevet... Ah bon c'est la dernière fois qu'on vous voit? Snif snif. Au revoir monsieuuuuuuur et merci.

Au revoir les filles :-)

samedi 27 juin 2009

Mutations III, l'Affectation Finale

Et voilà fin de la longue procédure de mutation et fin du suspense :

Vous êtes affecté(e) en HISTOIRE GEOGRAPHIE

dans l'établissement LYC FELIX LECHAT

             99430 LA CHIGNOLETTE SUR PIPERADE (0990023U)

C'est la fin de l'Errance pour le TZR rural, j'obtiens le poste fixe en lycée que j'avais appelé de mes vœux.

Dans un trou rural à peine plus vivant que La Villaufond. On ne peut pas tout avoir.

Rendez-vous lundi matin à 9h avec le proviseur pour négocier sec mes futures classes, mon emploi du temps et mes éventuelles heures sups. Puis matinée au lycée et au village pour me faire une opinion du lieu.

vendredi 26 juin 2009

Fin d'année : tout le monde pète un cable

En ce moment c'est dur. Et je compte et subis chaque seconde qui me sépare de la quille. A l'heure où je vous parle il me reste encore une heure de 3e de 15 à 16, et peut-être deux heures de 6e lundi prochain.

Je dis peut-être parce que je ne veux pas perdre espoir mais en fait c'est sûr qu'elles auront lieu ces heures du lundi. Parce qu'il y a dans cette classe un noyau dur de petits boudchous qui aiment vraiment l'école, s'y sentent bien, et veulent y rester jusqu'au bout. Hier j'ai halluciné, une petite a eu les larmes aux yeux quand elle a réalisé tout d'un coup que l'année scolaire était finie, que c'était peut-être notre dernier cours ensemble puisque je ne reviendrai pas l'an prochain. Donc ceux-là reviendront lundi malgré les discrètes pressions de l'administration les encourageant à rester chez eux. Ils hanteront jusqu'au bout les couloirs de ce rassurant collège, leur deuxième maison, prolongeant l'absurde jusqu'à l'ultime minute. Faut dire aussi que j'ai commis la grosse bourde de leur promettre hier soir qu'on referait des jeux et qu'il y aurait encore des bonbons à gagner. Quel crétin. Mais c'est pas si grave parce que je les aime bien mes 6e. Et ça ne me dérangera pas de les revoir une dernière fois.

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lundi 22 juin 2009

Ca déborde: la semaine de trop

Ca déborde. C'est lundi mais ça déborde déjà. Je n'en peux plus; les élèves non plus. La reconquête du mois du juin va laisser des traces. Trop de pertes en routes. Inefficace au possible et inutile au demeurant. Qui a envie de travailler quand les conseils de classe sont passés? Qui travaille du reste?

Ca déborde d'abord avec les 5e2. Ils sont 13 sur 22. Pourtant leur conseil n'est pas passé. Mais leur motivation est plus que nulle. Ils ne trainent même plus des pieds, ils se trainent par terre en vociférant. Je sens d'entrée que je ne les aurai pas. J'avais pourtant fait des photocopies. Je leur ai même distribué. Ils veulent faire des jeux. Comme j'ai pas plus envie qu'eux de travailler sur le royaume de France (pourtant c'est vachement intéressant, je comprends pas!) je me laisse avoir mais tente de garder la face en organisant un piètre jeu pédagogique que trois petites sournoises me sabordent avec leurs réflexions que je trouve de moins en moins drôles et de moins en moins bon esprit. Je finis d'ailleurs par en jeter une qui s'en va en ricanant. Pauvre fille, potentiellement brillante, qui a sabordé son année par une crise d'adolescence avancée et mal placée. Ca déborde, ça coule de tous les côtés, c'est avec soulagement que j'entends la sonnerie et même si les filles sympas viennent me faire la causette à la fin du cours, j'ai comme un sentiment de malaise, un truc à côté duquel je serais passé avec cette classe et que les petites réflexions perfides de gamines trop pleine d'une assurance malsaine me renvoient. Impression qu'accentue la perspective du cours suivant.

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Lâcheté ordinaire

Aujourd'hui j'ai cours avec les 6e de 15 à 16. Une heure calée au coeur de cinq jours sans rien. Je ne reprends que jeudi à 8h30. Comme j'ai passé mon week-end à Bordeaux j'ai pris un billet pour le train de 6h10 ce matin. Quatre heures de voyage à travers le Sud-Ouest et deux heures de voiture pour rallier La Villaufond et débarquer au collège pour y trouver les restes démobilisés d'une classe, entre élèves déjà en vacances et sportifs en herbe partis en "raid" dans la montagne avec la collègue d'EPS.

Et bien ce train je ne l'ai pas pris.

Avant-hier j'ai changé mon billet pour un train partant mercredi après-midi. Donc je ne ferai pas cette heure. Dès cet article fini je vais décrocher le téléphone pour signaler au collège que je suis "malade" et que je vais pas pouvoir venir aujourd'hui. J'hésite encore entre une rechute du mal de dos qui m'a fait faire cours plié en deux lundi dernier et un quelconque "rhume".

Alors voilà. Je pourrais évoquer la fin de l'année, la fatigue accumulée, prétexter qu'on ne fait plus rien en classe, qu'il manque la moitié des élèves, qu'ils ne veulent plus rien faire depuis que les conseils sont passés et que le principal a décrété qu'il fallait rendre les manuels. Mais non.

Je m'en veux par rapport aux élèves parce que ces 6e sont gentils et sérieux au point, j'en suis sûr, qu'ils auront encore tous fait les devoirs donnés pour aujourd'hui. Mais je 'ai aucun scrupule par rapport au collège. Je les emmerde en fait. J'emmerde mes collègues égoïstes et pantouflards qui n'ont pas voulu bouger le petit doigt depuis deux semaines pour échanger une heure de cours. J'emmerde la titulaire d'histoire-géo qui m'avait assuré qu'elle prendrait l'heure et m'a finalement laissé tomber jeudi dernier sous prétexte qu'elle avait oublié. J'emmerde le principal qui n'a pas voulu faire le moindre effort pour moi au moins une fois dans l'année alors que j'accepte tout sans râler depuis sept mois y compris ce qui n'est pas réglementaire voire pas légal. Bref je les emmerde tous, qu'ils aillent se faire foutre, je m'autorise le temps d'une heure à penser à moi et donc je reste à Bordeaux.

Et si ça ne vous plait pas je vous emmerde aussi :-)

Gare à toi

Gare à toi, mal élu, mal aimé, dictateur en puissance.

Tu as fraudé, tu ne veux rien savoir, tu ne veux pas recompter, tu te réfugies derrière ta mauvaise foi, derrière les barrières d'un clergé gardien du temple et d'une police aux ordres de la légitimité que tu incarnes.

Tu t'emportes, t'isoles, tu réprimes ton peuple, tu assassines, tu calomnies, t'insurges contre ceux qui tirent les invisibles ou imaginaires ficelles, tu te crispes et vois le danger partout. Mais "ils" t'auront et tu es tombé dans le piège.

Tu apparais enfin pour eux, ou en tout cas bientôt, comme l'immense salopard que le monde attendait que tu sois pour de bon, pour de vrai. Tout le monde va commencer à le dire. Tout le monde fait déjà preuve de fermeté à ton égard.

Parce qu'en plus d'être un danger pour "nous autres", désormais tu en es un pour ton peuple, mal élu. Et là, en fait, ça va commencer à craindre pour toi.

Gare à toi, ta fin approche peut être. "Nous" viendrons à la rescousse de ton peuple martyrisé, le droit d'ingérence humanitaire, la démocratie, les droits de l'homme - et de la femme -, le Bon Droit international pourrait réagir.

Gare à toi, ta fin n'est peut être pas si lointaine. Ce ne sont plus des bruits de bottes, ce sont les réacteurs des avions qui chauffent. "Ils" l'ont déjà fait plusieurs fois, ils se gêneront pas pour y revenir.

Merci à celui qui se reconnaîtra pour l'inspiration géopolitique.

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